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Partout le même ciel de Hajar Bali : la joie intranquille d’une Algérie qui s’éveille

Aujourd’hui, nous disposons du recul nécessaire pour repérer et nommer les pathologies intellectuelles qui se logent dans une partie significative de la production littéraire en Algérie. Celles-ci peuvent se résumer en quelques thématiques répétitives uniformisant l’imaginaire et la création : le culte des « origines ancestrales », la « crise de l’identité », le « problème de notre Histoire », les « guerres des langues », la « transgression courageuse des tabous sexuels » dans le cadre exclusif des schémas patriarcaux, etc.

N’oublie pas notre Arménie : voyage dans les décombres d’un génocide dénié

De la ville d’Alep à celle d’Alexandrie, en passant par Samarcande, Yahia Belaskri signe un passionnant voyage qui raconte avec un humanisme profond la longue résistance du peuple arménien face à une effroyable entreprise d’annihilation et de négationnisme historique. 

Misère de l’anti-intellectualisme : une bataille réactionnaire

Éric Fassin démontre que les offensives politico-médiatiques orchestrées par les néoconservateurs français contre les savoirs critiques et les libertés académiques s’inscrivent dans une bataille idéologique éminemment réactionnaire et antidémocratique.

Comme un parfum de lavande : La double destruction de l’Irak racontée par l’écrivain Sinan Antoon

Sinan Antoon replonge dans l’histoire récente de l’Irak à travers les vies déchirées de deux exilés irakiens installés aux États-Unis. Une méditation saisissante sur la complexité des mémoires d’un pays devenu étranger à lui-même et sur le chaos des guerres interventionnistes. 

Colloques de Cerisy : L’œuvre poétique de Habib Tengour à l’honneur

À propos de l’écriture poétique de Habib Tengour, le peintre et néanmoins poète Hamid Tibouchi disait qu’elle est surprise, enchantement, fuite, élargissement du domaine des possibles et dépassement des frontières, tant linguistiques que culturelles. Une « écriture chahutée, travaillée à la machette », insistait-il dans le propos accompagnant ses illustrations calligraphiées à « Ta voix vit/Nous vivons » (Apic Éditions, 2019), le vibrant hommage versifié qu’a rendu l’auteur du « Vieux de la montagne » (Sindbad, 1983) à Mahmoud Darwich.

Panthéon pour une imposture : Kamel Daoud et le fantasme du “Grand remplacement”

Plus de quatre-cents pages saturées de bavardage, une décennie de chroniques (2015-2025) se réclamant de la « nuance », de « l’esprit de dissidence » et du « courage », le nouveau recueil de Kamel Daoud intitulé Avant qu’il ne soit trop tard (Les Presses de la Cité, 2025) donne à voir la cohérence des obsessions identitaires et chauvinistes qui dominent le discours de l’écrivain algérien – naturalisé français en 2020.

Mahmoud Darwich : la voix épique de la beauté exilée

Dans la nouvelle anthologie intitulée Et la terre se transmet comme la langue (trad. Elias Sanbar, Babel), les poèmes épiques de Mahmoud Darwich érigent une maison pour la beauté, dans un monde confisqué par la laideur des guerres et des crimes contre l’humanité. 

Par-delà la tutelle de l’extrême droite française, libérez Boualem Sansal !

Contrairement au Grand Soir que promeut Kamel Daoud dans Le Point (27/02/25) au sujet de la soirée organisée le 18 février 2025 à l’Institut du monde arabe pour soutenir la libération de Boualem Sansal, à savoir la prétendue absence des écrivains maghrébins de cet événement, les seuls Arabes et Algériens qui étaient conviés, à quelques exceptions près, étaient les agents de sécurité. Une réponse aux tartufferies de Kamel Daoud.

Syrie : la liberté de la prison à la maison

Figure majeure de la gauche syrienne et auteur d’une œuvre singulière qui pense l’espace carcéral et les résistances à ses chaînes mortifères, le penseur syrien Yassin al-Haj Salah synthétise dans Sur la liberté : la maison, la prison, l’exil…et le monde sa philosophie de la libération dans un monde où prolifèrent les barbelés, les discours de haine, les pratiques coloniales et génocidaires.

Éclats d’Irak, de Kadhim Jihad Hassan : une traversée irakienne

Dans Éclats d’Irak suivi de Migrations, Kadhim Jihad Hassan, à la fois traducteur, critique littéraire et poète, propose une vision singulière de l’art de dire le poème. Maniant une langue aussi bien tendre qu’enfiévrée, il nous livre dans ce recueil une exploration impressionnante des potentialités poétiques des langues arabe et française dans un retour homérique au pays du Tigre et de l’Euphrate. 

La face cachée du Paris littéraire arabe

À rebours du violent racisme culturel que dirigent nombre de néoconservateurs français contre l’histoire des immigrations issues du Maghreb ainsi que du Machrek, et du négationnisme qu’ils promeuvent sur l’inhumanité de l’histoire coloniale et de ses répercussions sur la société française présentement, Paris en lettres arabes de Coline Houssais documente treize siècles de présences arabes en France.

"Les médias ont imposé la doctrine néolibérale" (2/2)

Maintenir l’ordre, au lieu d’enquêter, informer. Tel est le cap tracé par le pôle hégémonique des médias de nos jours. Accompagnant la radicalisation des élites culturelles et du projet néolibéral en France, les médias mainstream abandonnent la recherche de la vérité, pour se lancer dans ses croisades quotidiennes contre tout projet politique ayant pour finalité l’émancipation sociale. Autrice du livre Les médias contre la gauche (Agone, 2023), Pauline Perrenot a accepté de répondre à nos questions.

Pauline Perrenot : “La gauche est constamment sous procès médiatique” (1/2)

Maintenir l'ordre, au lieu d'enquêter, informer. Tel est le cap tracé par le pôle hégémonique des médias de nos jours. Accompagnant la radicalisation des élites culturelles et du projet néolibéral en France, les médias mainstream abandonnent la recherche de la vérité, pour se lancer dans ses croisades quotidiennes contre tout projet politique ayant pour finalité l’émancipation sociale. Autrice du livre Les médias contre la gauche (Agone, 2023), Pauline Perrenot a accepté de répondre à nos questions.

Islam et Capitalisme de Maxime Rodinson : une lecture profane de l’Islam

Dans Islam et capitalisme, l’érudit et sociologue arabisant Maxime Rodinson rappelle que, loin de tout essentialisme philosophique, les religions émergent de la terre et ne « descendent » aucunement du ciel, et que d’anciens foyers de « commerce capitalistique » en Arabie sont, en partie, à l’origine de la naissance de l’Islam.

La Palestine en 50 portraits : entretien avec Sabri Giroud

Nombre sont les approches d’écriture qui permettent d’aborder l’histoire d’un pays ou d’une aire géographique. Dans certains cas, la technicité de l’historien universitaire pourrait rebuter le lecteur non spécialisé, dans d’autres, les affabulations de l’essayiste idéologue qui ne jure que par la « vérité que les élites mondialisées cachent aux peuples » pourraient conduire à des conséquences dramatiques.

Se souvenir de Mohammed Dib, avec Hervé Sanson

Mohammed Dib (1920-2003) est sans nul doute l'auteur algérien qui n'a guère cessé d'évoluer, de jouer avec maints styles et registres tout au long de sa carrière littéraire. Auteur de Témoin des mutilations du ciel. Fiction et témoignage dans l'œuvre de Mohammed Dib (Apic), Hervé Sanson, chercheur spécialisé dans les littératures francophones du Maghreb, nous livre ses analyses sur l’élan romanesque d’un écrivain dont les mots témoignent, auscultent et recousent les plaies de l’Histoire.

Najwan Darwish : un poème sur la muraille d'Acre

27 décembre 2024 à 15:48

Poète universel de Palestine et acteur majeur de la scène culturelle arabe, Najwan Darwish vient de remporter le Grand Prix de Poésie étrangère pour Tu n’es pas un poète à Grenade (Castor Astral), une sélection de poèmes traduits par la puissante plume d’Abdellatif Laâbi. Cette distinction offre au lecteur l’occasion de jeter un nouveau regard sur une poésie dont le souffle et la force d’évocation ne se contentent d’aucune frontière.

Le tabou de la guerre civile algérienne n'a pas attendu Kamel Daoud pour se briser

13 décembre 2024 à 12:23

La controverse entourant Kamel Daoud et son roman Houris, prix Goncourt 2024, s'inscrit dans les débats sur la guerre civile algérienne. Cette œuvre serait la première à avoir bravé l'interdit et brisé le tabou du récit... Sauf que ce thème a déjà été abordé par nombre d'écrivains algériens, souvent des femmes. Et ce, malgré La charte pour la paix et la réconciliation nationale d'Algérie. 

Sansal et Daoud : derrière la dissidence, des discours “réactionnaires”

L'emprisonnement de Boualem Sansal est une hideuse dérive dictatoriale. Mais l'occultation de son adhésion et de sa promotion des idées d'extrême droite dans le débat public français, comme son intégration du comité scientifique de la revue pro-Éric Zemmour Frontières, serait une scandaleuse trahison de la vérité et de l'héritage des Lumières.

Houris, de Kamel Daoud : l’art des “guerres culturelles” en littérature

Évoquant à juste raison l’histoire de la guerre civile algérienne (1990-2002), ses crimes toujours impunis contre des civils abandonnés à leur sort et le révisionnisme historique érigé en « vérité alternative » et « réconciliatrice » d’État, Houris, le nouveau roman de Kamel Daoud, n’a malheureusement pas su éviter l’écueil de l’essentialisme et du culturalisme. 

Un vent chaud souffle en Palestine : entretien avec Karim Kattan

Le siècle des nuages de bombes et des colonnes de fumée, le nôtre, semble tout emporter dans ses méandres sanguinolents : le droit international, les principes démocratiques, l’héritage des Lumières, la notion même d’humanité — censée être commune à tous les êtres humains —, la raison raisonnante, le discours clair et adéquat aux choses observées, étudiées, documentées, vécues.

La peinture sur disque, quelle drôle d’idée 

Sur ses disques, des formes sporadiques, des couleurs fuyantes apparaissent, prennent vie. Cet art, c’est celui de Leila Lhaneche, cette artiste sur laquelle veille un sourire gracieux et un regard perçant qui s’ouvre sur l’énigme de l’existence. Elle a accepté de répondre aux questions d’ActuaLitté à propos de son aventure avec la peinture et la poésie de son monde. Propos recueillis et présentés par Faris Lounis.

“Il est urgent de réhabiliter l’humain” : entretien avec Gilles Kraemer

Tout est clair. Pourtant, peu de politiques veulent voir. Le soutien inconditionnel à une quelconque entreprise coloniale ne peut que mener au pire et les Jours tranquilles en Palestine nous l’enseigne clairement : nulle paix ne serait envisageable sans l’égalité totale et inconditionnelle des droits entre les personnes qui vivent en Palestine-Israël. Propos recueillis par Faris Lounis, journaliste indépendant. 

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