Vue lecture

Là où le temps et la glace sont les seuls maîtres : aux sources de l’épopée arctique

Avec Là où le temps et la glace sont les seuls maîtres, Hubert Sagnières ne signe pas seulement un beau livre : il propose une enquête minutieuse et érudite sur un siècle d’explorations arctiques, entre 1818 et 1876, à une époque où la quête du passage du Nord-Ouest enflammait les imaginaires et mobilisait des moyens considérables.

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Derrière la porte : secrets, monstres et culpabilité d'adultes

Imaginez un enfant qui chuchote qu’un monstre vit dans le placard — et des adultes qui refusent d’entendre. C’est exactement sur ce fil — ténu, fragilisé — que se tient Derrière la porte (trad. Maxime Le Dain), comic de James Tynion IV et dessinée par Gavin Fullerton, annoncée pour le 3 octobre 2025 chez Urban Comics.

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Le Pen, Bardella et l’immigration : pourquoi la “grande bataille” n’aura pas lieu

Le Rassemblement national prospère depuis cinquante ans sur une promesse martiale – « mener enfin la grande bataille contre l’immigration » – mais cette guerre-là n’existera jamais. Ni grande, ni vraiment contre l’immigration, ni même une bataille. Une illusion électorale, rien de plus. Que déconstruit Olivier Wickers dans son livre, La menace fantôme. 

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L’ordre des choses, un récit intime et politique sur la fin de vie

Comment dire l’effondrement sans céder ni au pathos ni à la froide distance ? Marion Muller-Colard signe un texte qui échappe aux catégories : ni roman, ni essai, ni pur journal de deuil. L’ordre des choses, c’est un récit hybride où l’intime se frotte à la morale publique, où les secousses privées rejoignent les grands débats éthiques. 

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L’Attachée de presse : un roman glaçant sur l’amour comme aliénation

Dans son nouveau roman L’Attachée de presse, Philippe B. Grimbert raconte une relation amoureuse placée sous le signe de la dépendance, du fantasme et de la perte de repères. À travers la figure énigmatique de Charlène Weber, professionnelle de l’ombre chargée de promouvoir des écrivains, le narrateur — critique littéraire dans un hebdomadaire culturel — déroule le fil d’une passion qui vire peu à peu à l’aliénation.

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André Breton et Julien Gracq : une amitié littéraire hors norme

Deux figures historiques de la littérature, conversant l’une avec l’autre : Breton, l’aîné d’une quinzaine d’années, fondateur du surréalisme. Gracq, jeune poète qui refusera en 1951 le Prix Goncourt attribué au Rivage des Syrtes… Dès 1939, ils entamèrent une correspondance qui reviendra plus vivace à la Libération. « Ensemble », mais « séparément » comme l’écrivit Breton…

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Naufrage(s) : L’île, le vent et les larmes du siècle

À l’écart des récits balisés, Naufrage(s) de Michèle Lesbre s’avance comme une dérive intime et lucide. Ni fiction ni mémoires, ce texte inclassable épouse les vents de l’île de Sein pour mieux sonder ceux qui secouent notre époque. Un chant personnel, éperdu, où le politique et le poétique se nouent sans effets de manche.

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Même l’hiver a des airs de caresse : éphéméride d’un cœur adolescent

À première vue, on pourrait croire à un recueil destiné à faire joli sur une table basse. Un “calendrier de l’avent” en 25 textes, saupoudré de Noël, de flocons et de guirlandes… Erreur. Ce petit livre en apparence discret recèle une force douce mais constante, comme une braise sous la neige. Et il n’a rien de décoratif.

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La sororité des Amazones mise à l’épreuve : Wonder Woman et Harley Quinn

L’histoire débute sur Thémiscyra, l’île des Amazones, dans un climat de paix apparente. Mais cette sérénité est fissurée par un événement troublant : l’une des sœurs guerrières est mystérieusement tombée enceinte, ce qui constitue un choc majeur, car les Amazones, selon la tradition, sont réputées incapables de procréer — conséquence d’une ancienne décision de leur reine Hippolyte. 

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Et si les chats avaient une recette miracle anti-fascisme ?

Comment les chats nous apprennent à résister de Stewart Reynolds (trad. Santiago Artozqui) est construit comme un manuel satirique de résistance politique inspiré par les comportements félins. À travers l’humour, l’auteur propose une série de « leçons de vie » tirées de l’attitude des chats, appliquées à la lutte contre le fascisme. 

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Tout brûle. Et ce n'est qu'un début

Juan Gómez-Jurado s'aventure dans un récit sous haute tension, porté par des personnages cabossés, hantés par la douleur et mus par une irrépressible volonté de survie. Au centre, des figures féminines dont le passé trop lourd n’empêche pas l’avancée : épuisées mais combatives, elles avancent dans un monde où la moindre erreur peut se payer au prix fort. Et surtout, Tout brûle (traduction : Judith Vernant)

 

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Jours de révolte : Gigi Leung raconte la jeunesse en lutte à Hong Kong

Sous ses airs de roman choral discret, Jours de révolte est un texte de fractures. Fracture politique d’abord, sociale ensuite, intime enfin. Traduit du chinois (traducteur : Y. L.), le livre de Gigi Leung Lee-Chi capte les ambiguïtés d’une jeunesse hongkongaise écartelée entre engagement et lassitude, colère sourde et banalité du quotidien.

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Que faire de la littérature ? Quand Édouard Louis renverse la table

Édouard Louis n’aime pas les détours. Son nouveau texte, Que faire de la littérature ? (Flammarion), s’affiche d’emblée comme un manifeste. Non pas une somme académique, ni un essai théorique au sens strict, mais une adresse directe, sous forme d’entretien prolongé, où la réflexion surgit avec l’urgence d’une parole en lutte. La question posée – « Que faire de la littérature ? » – n’est pas rhétorique. Elle engage un combat : pourquoi écrire aujourd’hui, avec quelle langue, pour qui, et contre quoi ?

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La Corporation des fabulistes : Fictions secrètes pour monde en ruines

Un roman sans visage. Sans nom d’auteur. Mais pas sans voix. Car cette Corporation des fabulistes parle, crie même parfois, dans un murmure collectif, comme si les contes s’étaient réunis pour dire : assez. Le texte, étrange et magnétique, refuse les catégories : fable dystopique, manifeste poétique, archive imaginaire... ou peut-être tout cela à la fois. Une œuvre hors cadre, comme on en lit peu.

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Foutues cigognes : la chronique d’un deuil à hauteur d’enfant

On entre dans Foutues cigognes par une nuit glaciale : un garçon s’est couché tout habillé, chaussures aux pieds, à l’affût du silence pour exécuter son plan. Fuir. À huit ans et demi, Albin attend que son père, « vaincu par un savant mélange de barbituriques et d’alcool », s’effondre, puis se lève — grand sac de basket sur l’épaule — et disparaît dans l’obscurité. 

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La Voie des pèlerins, d'Abdulrazak Gurnah, ou la marque de l'étranger

Il y a des romans dont la puissance discrète s’infiltre en nous sans crier gare. La Voie des pèlerins, (traduction : Cécile Leclère) est de ceux-là. Abdulrazak Gurnah, prix Nobel 2021 ausculte l'exil dans ses dimensions les plus intimes et les plus politiques. On y entre comme dans une maison qu'on reconnaît sans l'avoir jamais visitée – et on n'en ressort pas indemne.

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Exercice de gaieté généralisée, par François Morel

Prévu début octobre, La gaieté qui m’en impose rassemble les chroniques radiophoniques de François Morel diffusées sur France Inter entre 2023 et 2025. Deux années d’humeur, de tendresse, de colère joyeuse et de poésie grinçante. Deux années où chaque vendredi matin, le verbe fendait l’actualité, la vie, les souvenirs, en diagonale.

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Quand la science flirte avec Jurassic Park : enquête sur la désextinction

Imaginez un éléphant d’Asie affublé d’une longue toison et de défenses recourbées, prêt à fouler la toundra comme au temps de la préhistoire. Impressionnant, non ? Pourtant, derrière cette image de carte postale paléontologique se cache… un éléphant vaguement déguisé en mammouth. C’est l’un des constats, à la fois sérieux et malicieux, que proposent Lionel Cavin et Nadir Alvarez dans leur ouvrage Faire revivre les espèces disparues ?

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Les Indicibles : Nancy Huston dans l’arène des vérités dérangeantes

Nancy Huston n’y va pas par quatre chemins. Dans Les Indicibles, elle annonce dès le prologue vouloir aborder « l’érection intempestive, la beauté du travail ménager, la noblesse du travail sexuel » et autres sujets trop souvent tus. Non pas pour choquer, mais pour dire ce qui échappe aux slogans, aux injonctions progressistes ou moralisantes. 

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Les Incommensurables : Raphaela Edelbauer dissèque la veille d’un monde en ruine

Vienne, 31 juillet 1914. La guerre est à moins de 36 heures. Et pourtant, tout palpite encore de désir, de science, d’art et d’illusions. Raphaela Edelbauer, avec une minutie presque hallucinée, saisit ce moment suspendu entre deux siècles – entre lucidité et folie, traduites de l'autrichien par Carole Fily.

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L’eau-dyssée d’Elif Shafak

La rentrée littéraire 2025 s’annonce de nouveau très riche, mais un titre en particulier avait déjà retenu mon attention il y a quelques mois, dès l’annonce de sa sortie : Les fleuves du ciel d’Elif Shafak. La (très bonne) traduction française de Dominique Goy-Blanquet, publiée par Flammarion, paraît ce 20 août, et je peux déjà dire que le voyage en vaut la peine.

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La vie ressemble à ça : Titiou Lecoq, philosophe du léger coup de gueule

Titiou Lecoq chronique l’existence comme d’autres font leur vaisselle : sans enthousiasme démesuré, mais avec application et une certaine tendresse pour les éclaboussures. Publié chez l’Iconoclaste, La vie ressemble à ça rassemble ses réflexions les plus libres, les plus drôles, les plus précieuses. Une suite de textes brefs qui épousent les contours de la vie comme elle va. C’est-à-dire à la fois mal et merveilleusement bien.

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La mauvaise joueuse : les jeux de la fuite, de la honte et du mensonge

Le roman suit Maud, une trentenaire installée à Saint-Nazaire, comptable, en couple avec Yann et apparemment bien intégrée dans une vie stable et rangée. Un soir d’automne, tout bascule : après avoir accidentellement percuté quelque chose en voiture alors qu’elle jouait à Candy Crush en conduisant, elle prend la fuite, incapable d’affronter les conséquences.

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Les Corps à l'abandon selon Camille Claudel : une vie et une autre

Olivia Bianchi ne signe pas un roman historique ordinaire. Il s’agit d’une immersion toute en nuances, documentée, dans les ultimes années d’une sculptrice broyée par l’Histoire. Le récit épouse la forme d’une enquête fictive commandée par Eugène Blot, fondeur de Claudel, à un photographe chroniqueur chargé de retrouver et d’interviewer l’artiste enfermée à Montdevergues depuis seize ans.

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Kairos – Un amour toxique dans les ruines de l’Histoire

Il est des livres qui vous laissent essoufflé – pas par leur fracas, mais par la lente morsure qu’ils infligent. Kairos, le nouveau roman fulgurant de Jenny Erpenbeck, traduit par Rose Labourie, est de ceux-là. Roman d’amour, certes. Mais surtout autopsie d’un empoisonnement lent, intime, dans un décor historique qui vacille.

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Combustions : satire mordante de la haute société parisienne avant la fin du monde

Trois portraits, très parisiens, croqués juste avant la fin du monde, à l’heure où remontent les souvenirs, viennent les regrets et tombent les masques. François Gagey fut diplômé de Sciences-Po puis consultant chez Deloitte avant de devenir avocat. Combustions est son premier roman, truffé de références à la vie parisienne des beaux quartiers (où l’on apprend beaucoup de choses).

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Trois enterrements – Le roman de la noyade morale

Conjuguez la brutalité de la politique migratoire britannique et les failles humaines de ses exécutants. On obtient alors cette fresque aussi polyphonique que tragique, que dépeint Anders Lustgarten, dans Trois enterrements. Un récit aussi tendu que précis, sans illusion sur le monde qu’il dépeint. Sur une traduction de Claro.

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Ce pays qui n’aimait pas l’amour : bâtir l’avenir sur les ruines du cœur

Alors que les mouvements diplomatiques entre États-Unis, Russie et Ukraine agitent les médias, les éditions Ystia & Cie proposeront un roman de Yaroslav Trofimov pour la rentrée. Une fresque romanesque dans l’Ukraine soviétique des années 1930, entre exaltation révolutionnaire et empêchement intime. Ou comment interroger le coût humain de l’Histoire en marche...

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Ça finit quand, toujours ?, un accouchement politique

Le titre sonne comme une énigme, une plainte ou une prière. Ça finit quand, toujours ?, c’est d’abord la chronique tendre et implacable d’un XXe siècle qui n’en finit pas de mourir, où les destinées individuelles se débattent dans les remous de l’Histoire. Le dernier roman d’Agnès Gruda, journaliste et écrivaine québécoise, captive par sa maîtrise narrative autant que par sa lucidité émotionnelle.

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