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Orientations générales de la Politique documentaire : proposition de trame

2 février 2024 à 15:18
Pile de galets sur une étendue de galets.
Photo de Markus Spiske sur Unsplash

La formalisation de nos acquisitions s’est installé dans préoccupations professionnelles depuis de nombreuses années, en se cristallisant autour des inquiétudes d’une intervention de nos décideurs (élus, hiérarchie) soit en imposant des documents soit en interdisant des documents. Il est alors apparu important d’expliquer le pourquoi du comment de nos choix et de nos modalités d’acquisition. Bertrand Calenge et Jérôme Pouchol ont apporté tout à la fois des éléments de réflexion et de mise en oeuvre des politiques documentaires des bibliothèques.

Comme le dit très bien Dominique Lahary (diaporama) : “c’est une politique publique, il est démocratique qu’elle soit publique”. Cependant l’intégration et la réelle formalisation dans les bibliothèques prennent du temps même si cette culture est maintenant bien ancrée et fait partie des différents cursus de formation. L’article 7 de la Loi Sylvie Robert est venu enfoncer le clou

Après avoir rappeler l’importance de formaliser les orientations générales, vous trouverez une proposition de trame pour un tel document. Elle complète la fiche de la commission Bibliothèques en réseau et s’inspire d’un document de la Médiathèque de Chateaubourg.

Perspective avec plusieurs rayonnages de livres dans une ambiance sombre
Photo de Martin Adams sur Unsplash

Pourquoi formaliser les orientations générales de la Politique documentaire ?

  • Tout d’abord c’est devenu une obligation légale avec l’entrée en vigueur de la Loi Sylvie Robert, LOI n° 2021-1717 du 21 décembre 2021 relative aux bibliothèques et au développement de la lecture publique: « Les bibliothèques des collectivités territoriales ou de leurs groupements élaborent les orientations générales de leur politique documentaire, qu’elles présentent devant l’organe délibérant de la collectivité territoriale ou du groupement et qu’elles actualisent régulièrement.  Elles présentent également leurs partenariats avec les organismes culturels, éducatifs et sociaux, les établissements pénitentiaires et les établissements d’accueil de la petite enfance. La présentation peut être suivie d’un vote de l’organe délibérant. »
  • « C’est une politique publique dont il est normal qu’elle soit portée à la connaissance du public dans ses grands principes » (Dominique Lahary)
  • « C’est une démarche partagée entre professionnels avec les décideurs et le public qui rend visible les orientations de la bibliothèque dans ce domaine » (Jérôme Pouchol)
  • Cette formalisation met en avant notre métier et notre professionnalisme
  • Cette formalisation et sa publication permettre de rendre public les grandes lignes du fonctionnement d’une des activités importantes des bibliothèques.
  • Formaliser, faire adopter ces orientations générales par les élus et les faire connaître constitueront un garde fou contre les questions, les interventions internes et toutes les tentatives de censure

Les rubriques d’un tel document

Voici la trame globale d’un document consacré aux orientations générales de la politiques documentaires. A vous de l’adapter, le simplifier ou le développer en fonction de VOTRE contexte.

Vous trouverez plus bas la présentation détaillée de cette trame. Vous pouvez télécharger ci-dessous une version word à adapter.

Main cochant un liste de taches sur un cahier à carreaux
Photo de Glenn Carstens-Peters sur Unsplash

Préambule – Introduction

  • Pourquoi
  • lien avec la loi S. Robert (cf. ci-dessus)

Contexte

  • Eléments sur le contexte territorial
  • exemple à compléter

Les missions de la bibliothèque

  • Faire référence aux articles de la loi Robert (article 1 et les articles sur les collections)

“Les bibliothèques des collectivités territoriales ou de leurs groupements ont pour missions de garantir l’égal accès de tous à la culture, à l’information, à l’éducation, à la recherche, aux savoirs et aux loisirs ainsi que de favoriser le développement de la lecture.

À ce titre, elles :

« 1° Constituent, conservent et communiquent des collections de documents et d’objets, définies à l’article 4, sous forme physique ou numérique ; »

« 2° Conçoivent et mettent en œuvre des services, des activités et des outils associés à leurs missions ou à leurs collections. Elles en facilitent l’accès aux personnes en situation de handicap. Elles contribuent à la réduction de l’illettrisme et de l’illectronisme. Par leur action de médiation, elles garantissent la participation et la diversification des publics et l’exercice de leurs droits culturels ; » (Article 1 de la Loi Sylvie Robert)

“Les collections des bibliothèques des collectivités territoriales ou de leurs groupements sont constituées de livres et des autres documents et objets nécessaires à l’accomplissement de leurs missions, tels que des documents sonores et audiovisuels.”(Article 4 de la Loi Sylvie Robert)

“Les collections des bibliothèques des collectivités territoriales ou de leurs groupements sont pluralistes et diversifiées. Elles représentent, chacune à son niveau ou dans sa spécialité, la multiplicité des connaissances, des courants d’idées et d’opinions et des productions éditoriales. Elles doivent être exemptes de toutes formes de censure idéologique, politique ou religieuse ou de pressions commerciales. Elles sont rendues accessibles à tout public, sur place ou à distance.”(Article 5 de la Loi Sylvie Robert)

  • Reprendre, le cas échéant, certains axes du CTL, PCSES ou du Projet de service

Les publics visés

  • Lister les différents types de publics
Groupe de jeunes assis à une table dans une bibliothèque. Ils rient devant un écran d'ordinateur portable
Photo de Priscilla Du Preez 🇨🇦 sur Unsplash

La gestion des collections

quelle organisation des collections ?

  • Volumétrie, répartition par grands secteurs. Type de supports
  • Existence de fonds spécifiques: FAL (Facile A Lire), fonds pour les dyslexiques, fonds patrimonial,…

Pluralisme et rappel de l’article de la Loi Robert

« Ces missions s’exercent dans le respect des principes de pluralisme des courants d’idées et d’opinions, d’égalité d’accès au service public et de mutabilité et de neutralité du service public.” (Article 1 de la Loi Sylvie Robert)

Modalités d’acquisition

  • Expliciter comment sont achetés les documents
  • Définition des responsabilités en terme d’acquisitions
  • Budget et taux de renouvellement. Indiquer un idéal de renouvellement (10%)

“Les collections des bibliothèques des collectivités territoriales ou de leurs groupements qui relèvent du domaine privé mobilier de la personne publique propriétaire sont régulièrement renouvelées et actualisées. “(article 6 de la Loi Sylvie Robert)

Pour ses achats de documents la bibliothèque se conforme à la réglementation sur les marchés publics, et commande auprès des fournisseurs retenus dans ce cadre.

  • Critères généraux de choix et d’exclusion

« Sous la responsabilité de leur direction, les bibliothécaires acquéreurs opèrent une sélection dans la production éditoriale pour constituer une collection cohérente en fonction des objectifs et des moyens fixés par la collectivité. Pour des raisons financières et intellectuelles, l’exhaustivité est exclue. La mission d’acquisition est menée sur la base d’un travail réfléchi et collectif, dans un souci de pluralisme, en tenant compte des collections déjà existantes, de la connaissance des publics, de l’offre et la demande. Elle tient compte également du soutien à la petite édition et aux documents à rotation plus lente, tel que la poésie, théâtre, arts, sciences humaines…. » (Chateaubourg)

  • Traitement des suggestions des usagers

Les propositions d’achat des lecteurs sont toutes étudiées. Le cas échéant indiquer comment ils peuvent le faire. Les bibliothécaires se réservent le droit de refuser une suggestion s’ils estiment que l’achat ne correspond pas aux critères définis par la charte. Dans un souci de cohérence et d’actualité des collections, la bibliothèque refuse tous dons de livres ne répondant pas aux critères de sélection énoncés. Les usagers dont les ouvrages ne sont pas retenus seront réorientés vers des solutions alternatives (boites à livres, associations,…)

  • Complémentarité avec l’environnement documentaire territorial

La politique documentaire est aussi pensée en fonction de l’environnement. La bibliothèque fait partie du réseau de la communauté des communes de Pétaouchnoc-les-Bains. Elle s’insère également dans le champ d’action de la Médiathèque départementale qui peut concourir, entre autres services, à compléter les collections notamment pour des demandes de lecteurs, de groupes, de thématiques, d’animations, pour les fonds musique et jeux vidéo. La Médiathèque départementale fournit également aux lecteurs des ressources accessibles en ligne.

  • Contraintes légales pour les acquisitions notamment pour les DVD et les ressources numériques
Etudiante choisissant un livre dans des rayonnages en bois
Photo de Becca Tapert sur Unsplash

Règles générales d’élimination (et de conservation)

Expliquer pourquoi les documents sont éliminés.

  • La médiathèque n’a pas vocation à conserver les collections courantes. Afin de garder un fonds vivant, attractif et aisément accessible. Des documents doivent être retirés chaque année des collections pour être soit réactualisés, soit remplacés, soit éliminés.
  • Les règles d’élimination pourront être différentes selon le type de documents et selon votre appartenance à un réseau.
  • Un 1er niveau d’élimination concerne les documents abîmés et non réparables, défraîchis, ou au contenu dépassé. Ces documents seront automatiquement retirés des collections.
  • Un 2e niveau d’élimination croisera plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs : âge des documents, nombre de prêt, date de dernier prêt, présence d’autres ouvrages similaires. Des exceptions peuvent bien sûr être admises concernant des ouvrages incontournables et difficiles à remplacer par exemple. Les bibliothécaires s’appuient sur un document interne comportant des critères affinés par secteurs et sous-secteurs.

Qu’est-ce qu’ils deviennent ?

  • donnés à d’autres bibliothèques, établissements ou associations
  • vendus lors de braderies organisées par la médiathèque
  • mis en déchetterie ou détruits s’ils sont jugés en mauvais état
  • si vous êtes une bibliothèque avec un fonds patrimonial, expliquer pourquoi et comment sont conserver les fonds patrimoniaux.

Accès, communication et médiation

Vu en plongée d'une salle de bibliothèque tout en bois, des livres, des cartes et deux personnes assises en train de lire
Photo de Pauline Loroy sur Unsplash

Accès

L’accès aux espaces publics de la médiathèque, ainsi qu’à la consultation sur place de ses ressources, est libre et gratuit. La médiathèque respecte les normes d’accessibilité pour tous au bâtiment, aux circulations intérieures, aux collections et aux services.

Accès à distance

Les usagers peuvent librement accéder au catalogue en ligne à distance ainsi qu’aux ressources numériques de la médiathèque départementale Un portage à domicile peut être effectué pour des personnes ayant des difficultés à se déplacer. Le réseau de XXX mettra en place un système de navettes permettant la circulation des documents d’une bibliothèque à une autre.

Modalités d’organisation et de communication des documents

La plupart des documents sont proposés en accès libre et en prêt direct au public.

Médiation

Les bibliothécaires conseillent, effectuent des recherchent et accompagnent les lecteurs.

Les bibliothécaires mettent en valeur les collections de multiples manières.

Sur place:

  • de face dans les rayonnages
  • sur des présentoirs à différents endroits dans la bibliothèque
  • par des tables de thématiques (sélections, actualités, thématiques)
  • avec des étiquettes « coup de coeur » de l’équipe ou des lecteurs
  • avec des bibliographies : acquisitions récentes, thématiques
Table sur laquelle sont posés des albums pour enfants
Photo de Haberdoedas sur Unsplash

A distance:

  • sur le site internet grâce à différentes rubriques : nouveautés, sélections, coups de coeur
  • sur les réseaux sociaux en utilisant différentes approches : des sélections thématiques, les nouveautés, les coups de coeur

Le public est invité à participer à partager ses coups de coeur. La bibliothèque met d’une part en valeur les sélections du club lecture et propose d’autre par des étiquettes “coups de coeur des lecteurs”.

Les partenariats

La médiathèque développe des partenariats variés afin de développer le goût de la lecture, faire connaître le service, de diversifier le public et répondre aux besoins du territoire.

Ses partenaires font partie de champs aussi variés que possible des structures locales de la petite enfance aux musées en passant par les écoles, les associations locales, le Centre Culturel d’Action Social, Pôle Emploi, les MJC, les cinémas ou les théâtres. Ces partenariats peuvent s’établir de manière pérenne ou ponctuels, et peuvent donner lieu à une convention.

Photo de Chris Liverani sur Unsplash

Actualisation

Cette charte sera actualisé régulièrement selon l’évolution de l’organisation du service et de ses finalités.

Qu’en pensez-vous ? Avez-vous quelque chose à ajouter ?

Avez-vous un document à partager avec les collègues ?

Accueillir les nouveaux inscrits par un email de bienvenue

28 septembre 2023 à 11:57

«   Nos lecteurs ne savent pas utiliser notre site ou notre portail, quel dommage » entend-on régulièrement dans la bouche des bibliothécaires.

Femme se tenant la tête à deux mains devant un ordinateur portable.
Photo de Elisa Ventur sur Unsplash

Il nous faut bien sûr continuer à améliorer l’ergonomie des sites web et prendre le temps de faire une présentation du site au moment de l’inscription. Certains collègues le font déjà.

Après l’inscription, pourquoi ne pas envoyer un email de bienvenue ?

Cependant il me semble que nous loupons aussi une étape, c’est un email de bienvenue suite à l’inscription (pour les lecteurs qui ont accepté de nous donner leur adresse mail).

Cet email viendrait comme une confirmation de l’inscription et une invitation à utiliser les services en ligne. Une approche ludique et vivante devrait être trouvée avec des images, des animations voire des vidéos.

Je vous propose quelques idées pour les contenus d’un tel email:

  • accueil et présentation amusante des services du portail: animations, vidéos, strip BD
  • une vidéo du maire ou de l’élu à la culture – le directeur ou un bibliothécaire pour accueillir le nouvel inscrit. (maximum 1m30)
  • la liste des meilleurs prêts et-ou des 10 dernières nouveautés
  • un cadeau avec un livre epub ou pdf joint. Pourquoi pas un auteur du fonds local en négociant les droits avec lui ? Cela peut être une publication de la bibliothèque, si par exemple vous faites un concours d’écriture. Sinon un livre libre de droit peut aussi convenir. Ce livre numérique en cadeau matérialise aussi plus concrètement l’offre de ressources en ligne. Cela la rend plus concrète.
  • la présentation de 3 prochains événements de la bibliothèque
  • … à compléter sans faire un email trop long non plus
Trois ballons jaunes avec des yeux et un sourire
Photo de Tim Mossholder sur Unsplash

Et en conclusion, affirmer en plus notre disponibilité: n’hésitez pas à nous poser des questions !

Ce mail de bienvenu pourrait se conclure en invitation les lecteurs à ne pas hésiter à poser des questions ou demander des suggestions de lectures aux bibliothécaires via un email ou lors de leur passage à la bibliothèque.

Qu’en pensez-vous ? D’autres approches ou d’autres idées ? Vous le faites déjà ?

Développer la médiation numérique dans un réseau de bibliothèques existant

30 mars 2013 à 17:10

Plan
Plan d’action Photo CC de johanneslundberg http://www.flickr.com/photos/johanneslundberg/

Il y a quelques mois j’ai été amené à proposer un plan d’action pour un poste de chef de projet « Médiation numérique ». Je compile ici les lignes de force qui sont susceptibles d’être réutilisées dans d’autres contextes.

Le plan d’action se déploie sur 3 axes principaux qui pourront être modifiés et affinés avec un groupe projet.

1/ La médiation numérique

> Mise en place d’un groupe projet pour préciser le contenu de la politique numérique, en assurer le suivi et la mise en œuvre

Ce groupe de travail sera composé de 5 à 10 personnes. Dans l’idéal et sur la base du volontariat, les différents types de bibliothèques devraient être représentés, le responsable informatique et les collègues particulièrement motivés par ce projet. Le groupe projet se réunira régulièrement et utilisera des outils de gestion de projet numérique type Trello (https://trello.com/). Les membres de ce groupe de travail auraient pour vocation de convaincre et de former les autres collègues.

  • Rédaction de la charte de développement numérique
  • affiner les objectifs et le périmètre de la politique numérique
  • réflexion et proposition sur les publics cibles qui pourront être différents selon les thématiques fortes à défendre : faire connaître le patrimoine à un public jeune ? Valoriser telle action auprès d’un public senior ?
  • réflexion sur la mise en œuvre ou non d’une ou de plusieurs identités numériques, c’est à dire un ou des avatars destinés à personnaliser l’institution sur les réseaux sociaux
  • lister les ressources et les moyens disponibles
  • élaborer le budget des différentes actions envisagées
  • identifier et former les personnes relais dans les différentes bibliothèques
  • planifier la montée en charge des différents axes de développement retenus
  • en fonction des possibilités du logiciel de portail, passer en revue les CMS les plus connus et sélectionner celui qui pourrait être utilisé en complément pour la mise en ligne de contenus.
  • rédaction d’une chaîne de production et de validation des contenus: calendrier de mise en ligne, circuit de validation, durée de visibilité selon les contenus avec archivage ou pas.
  • réfléchir et proposer des axes et le contenu de la communication interne et externe
  • création et constitution de kits matériels pour la production de contenus autour des animations (kit podcast, kit vidéo, kit photo) avec mode d’emploi
  • sélection des critères d’évaluation sur les différents axes de la politique numérique.
  • validation successive de ses travaux par l’équipe de direction

 

Réflexion sur les outils de publication et de médiation en ligne

  • Réfléchir sur l’évolution du logiciel de portail.
  • Envisager la création d’un ou plusieurs sites satellites au portail d’une part pour pallier le cas échéant aux limitations de la version actuelle du logiciel de portail, d’autre part pour offrir des accès moins institutionnels aux ressources ou aux actions des bibliothèques. L’utilisation de CMS standards comme Drupal permettra d’envisager l’intégration d’informations du portail dans le ou les sites satellites. Plusieurs sections déjà actives sur le portail ou le secteur jeunesse pourraient par exemple disposer chacun d’un site propre pour valoriser leurs actions, faire de la médiation et créer de l’interaction avec leur public.

Mise en place d’un comité éditorial et d’une chaîne de validation des contenus

  • création d’un comité éditorial qui propose, planifie, suit, met en œuvre la production de contenus en ligne et assure la présence en ligne. Ce comité recoupera en partie le groupe projet numérique.
  • établir une charte de rédaction des contenus en ligne (longueur et mise en forme des textes, place de l’illustration et des contenus multimédias). Après validation en équipe de direction et pour son appropriation par les rédacteurs potentiels, ce document sera soumis à commentaires et pourra évoluer jusqu’à une version définitive.

> Développer la culture numérique, formation et accompagnement des collègues

  • diffusion hebdomadaire d’une newslettre de veille sur le numérique, les actions numériques de la ville et dans la région, le monde culturel, les bibliothèques et le numérique, toutes informations dans ce domaine susceptibles de servir de source d’inspiration. Les informations seront stockées en ligne sur un outil de type Scoop.it. Par la suite cette veille comportera une dimension participative où les collègues pourront faire des suggestions.
  • si elle n’existe pas, réaliser une enquête sur le niveau d’information, de formation et d’attente des collègues via un sondage.
  • organiser trois conférences par an sur des thèmes de l’actualité numérique (la lecture sociale à l’ère du numérique, qu’est-ce qu’un Fablab ?…) par des personnes extérieures (locales ou d’ailleurs) ou le chef de projet numérique.
  • rédiger et diffuser des synthèses de lecture professionnelle, de journées d’étude ou de formations.
  • prévoir un temps d’appropriation des outils numériques et un temps de préparation à la mise en œuvre avec présentation, utilisation professionnelle, temps d’échange et d’évaluation.
  • Formation à la rédaction sur le web
  • Formation à l’écriture de chroniques de documents
  • Formations aux outils logiciels ou aux matériels en fonction des choix effectués tout au long des développements de la politique numérique

 

> Développer la production de contenu en ligne et la médiation documentaire numérique

  • Encourager et développer la production de contenus autour de l’action culturelle : dossiers thématiques en ligne, reportages photos sur les ateliers, photos et petit compte-rendu sur une animation, petite vidéo sur une animation, visite vidéo d’une exposition, envisager les moyens de mettre en œuvre une captation systématique des moments forts de l’action culturelle (cf. à Toulouse, http://www.bibliotheque.toulouse.fr/Archives-conferences.html)
  • démultiplier la médiation documentaire numérique : inciter les bibliothécaires et tous les collègues intéressés à rédiger une chronique par mois sur des notices ou sur des ressources en ligne

MicroTournée
Photo CC By MD68

> Développer la communication et la présence en ligne

  • assurer une présence en ligne sur les principaux réseaux sociaux : Facebook, Twitter et Google+ avec une publication minimum par jour.
  • A partir de la définition de rubriques récurrentes (par exemple : le livre de la semaine, la rétrospective du mois, l’animation du jour, etc…) Tous les contenus produits y seront propulsés et quelques contenus à dimension plus interactive seront produits spécifiquement pour ces réseaux, comme des petits jeux sous forme d’énigme ou de concours.
  • Mettre en place une ou plusieurs newslettres qui récapitulent l’ensemble des informations produites.
  • Pour certains contenus, des relais pourraient être trouvés sur le site de la ville et d’autres sites d’informations locales.

 

2/ Définir et développer les espaces de médiation numérique

Après un état des lieux et en s’appuyant sur les actions en cours, il s’agira d’établir un petit cahier des charges des espaces de médiation numérique qui pourra s’adapter en fonction de la taille de l’établissement. Celui-ci sera souple et évolutif dans un domaine ou les technologies changent vite.

Quelques bases pour ce cahier des charges :

  • éléments scénographiques pour matérialiser l’espace (banderoles ou tapis de sol personnalisés en fonction d’une charge graphique à concevoir avec l’agence de communication Ligne A Suivre).
  • du matériel pour un usage sur place dont la quantité variera selon la taille de l’espace : des tablettes multimédias (iPad et d’autres sous Android), des téléphones mobiles grand format type Galaxy Note, des liseuses, des ordinateurs portables et des objets connectés ludiques type Karotz (lapin communiquant, http://store.karotz.com/fr_FR/).
  • Dans les grandes médiathèques, ces espaces pourront être déclinés dans une version jeunesse.
  • Les contenus : l’accès à des ressources numériques, des applications généralistes (réseaux sociaux, bureautiques, pratiques,…) et culturelles ainsi que des jeux.

Certaines bibliothèques petites ou moyennes ne pourront pas créer d’espace et ne pourront que prêter du matériel et organiser des présentations ou des animations sur place.

Outre les formations aux outils numériques, ces espaces pourraient être animés selon deux grands axes :

  • créneaux autour d’une thématique (exemples : les applications pour vos enfants, les jeux de société sur tablette, Facebook pour débutant, comment préparer ses vacances ? , créer un jeu vidéo)
  • rendez-vous personnalisés avec l’animateur pour une durée de trente minutes à une heure.

Un plan de communication sera aussi préparé et mis en œuvre après une première phase d’expérimentation des espaces numériques.

 

3/ Actions culturelles et développement des partenariats dans le domaine numérique

FablabRennes
photo de maltmann23 http://www.flickr.com/photos/maltman23/

 

L’objectif sera d’intégrer de manière progressive des animations numériques dans le programme général du réseau des médiathèques. Pour la saison 2013 – 2014, il s’agira d’inclure du numérique sur plusieurs moments forts existants et/ou de s’associer si possible avec un évènement numérique de la ville. Quelques exemples d’actions culturelles: Créer une application pour enfant avec Olivier Douzou, Dessiner et bloguer au quotidien (Ma vie en patate de Martin Vidberg http://vidberg.blog.lemonde.fr/ ou Ma vie en BD http://blog.chabd.com/) ou autour de l’art numérique avec un acteur local. De manière stratégique, il sera aussi demandé d’inclure du numérique dans des actions récurrentes comme les comités de lecture ou d’écoute, l’heure du conte ou les ateliers de dessin.

Par la suite, il pourra être envisagé de créer un évènement ponctuel ou récurrent autour du numérique. Afin de nouer des partenariats avec différents acteurs numériques de la ville et le monde universitaire, les médiathèques pourraient accueillir une série de conférences sur le thème des Fablab. En accompagnement des conférences, une exposition d’objets fabriqués par le FabLab existant ou des démonstrations du fonctionnement des imprimantes 3D pourraient avoir lieu à la médiathèque centrale.

Les espaces numériques pourraient aussi servir de laboratoires d’échange et d’expérimentation entre des usagers, des créateurs et/ou des entreprises.

Comme tout le reste du blog, ce plan d’action est en Creative Commons et n’hésitez pas à faire vos remarques ou à compléter.

Développer la médiation documentaire numérique en bibliothèques

3 mars 2012 à 12:05

couverture Développer la médiation documentaire numérique
couverture de la boite à outils: Développer la médiation documentaire numérique

J’ai le plaisir de vous annoncer la parution aux presses de l’Enssib d’un livre sur la médiation documentaire numérique. L’école m’a fait l’honneur de m’en confier la coordination et même si ce ne fut pas une mince affaire, l’entreprise fût passionnante non seulement dans la réflexion sur son contenu mais aussi grâce aux échanges avec les différents auteurs sans compter la phase de relecture. J’en profite pour adresser un remerciement à tous les contributeurs et je remercie tout particulièrement Catherine Jackson, coordinatrice de la collection, avec qui la collaboration fût exemplaire. Cet ouvrage fût aussi l’occasion pour l’Enssib de retravailler sur ces contrats d’édition qui sont maintenant plus en phase avec les évolutions numériques.

Dans le cadre ses 20 ans de l’école, ce livre donne aussi lieu à une version numérique accessible ici librement en streaming. Vous pouvez commenter chaque article. En complément de la version papier, vous y trouverez un entretien avec Michel Fingerhut à propos des moyens de médiation numérique mis en oeuvre sur le portail de la musique contemporaine. Il est probable que chaque auteur publie aussi en ligne sur son site ou sur son blog sa propre contribution. Les 3 miennes seront mises en ligne progressivement sur ce blog.

Présentation

Depuis quelques années les bibliothèques ne cessent de prendre place sur internet: catalogues en ligne, sites web devenant peu à peu des portails de services, blogs et tous les avatars du web participatif ainsi que les réseaux sociaux. Si l’objectif est bien d’être présent dans l’univers numérique des usagers existants ou potentiels, en revanche les bibliothèques doivent garder leur spécificité sous peine d’être noyées dans le flot général. Il s’agit notamment de transposer en ligne la médiation documentaire, c’est à dire tous les moyens que nous mettons en œuvre pour favoriser la rencontre d’un lecteur avec les documents susceptibles de l’intéresser ou de lui ouvrir de nouveaux horizons.

Cet ouvrage réunit une dizaine d’auteurs d’horizons divers (universitaire, bibliothécaire et libraire) pour vous donner d’une part un cadre général sur la médiation documentaire numérique et d’autre part des exemples destinés à vous servir d’inspiration pour améliorer ou vous lancer dans ce domaine.

Sommaire

Partie I – Le périmètre de la médiation numérique documentaire

-La médiation numérique dans le cadre d’une politique documentaire raisonnée : l’exemple de la MIOP, par Jérôme Pouchol
-Définition et enjeux de la médiation numérique documentaire, par Isabelle Fabre et Cécile Gardiès
-La médiation documentaire numérique dans les musées: entre autonomie et prescription par Genevieve Vidal
-A propos de Bibliomab, une approche de la médiation documentaire numérique du patrimoine, par Léo Mabmacien
-Médiation documentaire et les services de Q/R, Claire Nguyen

Partie II – Construire son projet de médiation numérique documentaire

– Définir son projet: 5 étapes incontournables, par Franck Queyraud
– Construire la médiation documentaire par les publics: les portails thématiques de l’Infothèque, par V. Mesguich
– Scénariser le catalogue et contextualiser les recherches : la librairie en ligne Bibliosurf, Par Bernard Strainchamps
– Eléments pour une évaluation de la médiation documentaire numérique, X Galaup

Partie III – Se former et accompagner les équipes
-Inclure la médiation documentaire numérique dans le travail d’équipe, par Didier Desmottes
-Acquérir une culture numérique et utiliser les outils de médiation, par Thomas Chaimbault
-Concevoir et faire fonctionner un blog de bibliothèque : quelques pistes concrètes à partir de l’exemple du Buboblog Perrine Helly
-CherMédia : l’agora des bibliothécaires du Cher, par Christine Perrichon
-Le magazine en ligne des bibliothèques de Lyon : Points d’Actu !, une voix singulière  Bertrand Calenge

Partie IV – Interagir en ligne, produire des contenus, partager

-Silence on joue!: Le médiateur, les jeux vidéo et les ressources documentaires, par Julien Devriendt
-Les Coups de cœur 2.0 de la Médiathèque de Quimperlé, par Pascal Thibault
-Exemple d’un netvibes thématique en médecine Marie-Gabrielle Chautard
-Mise en valeur d’un fonds patrimonial autour du centenaire de Jean Carbonnier (1908-2003), doyen de la Faculté de droit de Paris, fondateur de la sociologie juridique / Noelle Balley et de Sébastien Dalmon
-Utiliser les réseaux sociaux littéraires pour la médiation documentaire numérique, par Alexandre Lemaire
-Critiques de documents dans un catalogue participatif, par Philippe Diaz

MEMENTO, Par Xavier Galaup

Streaming musical des bibliothèques en Alsace

30 juin 2011 à 08:07

Notes de musique lumineuses sur fond noir
Music Note Bokeh (photo sous licence CC. By-nc-pa All that improbable Blue http://www.flickr.com/photos/allthatimprobableblue/)

Voici un an que UMMA (Univers Musical des Médiathèques Alsaciennes), l’expérimentation du streaming musical en bibliothèques commençait en Alsace. Voir ici et ici les billets précédents pour suivre le déroulement. Les deux BDP du Bas-Rhin et Haut-Rhin ouvraient en mai 2010 leur sous-domaine musicMe. Nous menons pendant ce mois de juin une enquête qualitative auprès de 650 inscrits au service sur les deux plateformes. Cela fera l’objet d’un prochain billet dès que celle-ci sera dépouillée.

La BM de Mulhouse a ouvert en mars 2011 son sous-domaine et dépassait début mai les 140 inscrits. Les Médiathèques de la Communauté Urbaine de Strasbourg devraient ouvrir leur site de streaming d’ici septembre au plus tard.

Comme je l’annonçais dans un précédent article l’expérience est très positive non seulement en terme de nombre d’inscrits mais de l’utilisation des sous-domaines par les usagers. Sur 45 000 écoutes de mai à décembre 2010; le nombre d’écoutes intégrales de morceaux est à peine supérieur au nombre d’écoute des radios programmés par les bibliothécaires musicaux. Ce qui prouve que quand on s’investit dans la médiation documentaire numérique l’internaute répond présent. En effet l’écoute de radios est d’autant plus forte qu’on les renouvelle très régulièrement comme sur mediason67 avec une radio commune et une radio par bibliothèques chaque mois.

Selon les analyses de musicMe, les inscrits dans sous-domaine de bibliothèques restent plus longtemps à écouter de la musique que sur leur propre site tout public.

Nous avons pu constater des usages complémentaires de ceux prévus lors d’une réunion du comité de suivi: de la diffusion de radios ou d’albums dans les locaux de la bibliothèque à l’utilisation en formation en passant par la médiation informelle entre un bibliothécaire et un usager à la banque de prêt. En outre la programmation de radio permet et oblige à approfondir ses connaissances musicales quand on souhaite programmer 80 titres sur un thème mais que tout ce que l’on connaît n’est pas forcément disponible sur musicMe.

La volonté a émergé aussi de rassembler en un endroit l’ensemble des radios réalisées sur trois sous-domaines, et bientôt quatre. Une page Facebook, MusiK’heim, sera créée à cet effet. Venez découvrir et nous écouter sans limite…

Nous allons d’ailleurs ajouter une nouvelle brique expérimentale à l’automne 2011 en proposant aux usagers inscrits de créer leur propre radio. Il s’agira de créer des radios festives qui seront mises en ligne en décembre… A suivre.

Enfin pour mettre en valeur les groupes locaux, nous avons décidé d’organiser un festival UMMA à l’automne 2012 avec l’idée d’augmenter d’ici là la présence de ces groupes sur nos plateformes afin de créer des Unes et de programmer des radios à cette occasion.

Cette première année de fonctionnement et le dialogue permanent avec musicMe sur différentes hypothèses a permis de dégager un nouveau modèle économique qui n’est plus celui du paiement pour chaque écoute mais un modèle forfaitaire, c’est à dire tout frais compris (abonnement, radios, écoute illimitée, webservice pour intégrer un player dans un catalogue ou un portail compatible), basé sur le nombre d’inscrits à la plateforme. Cette approche est en adéquation avec les exigences des collectivités locales puisqu’elle permet de prévoir et de tenir un budget tout en tenant compte de la réalité des pratiques numériques constatées.

Dans cette perspective, l’ensemble des partenaires du projet UMMA sont décidés à continuer avec musicMe en 2012, sous réserve des incontournables procédures d’appel d’offre, après la fin de la phase d’expérimentation.

Je dirais pour conclure que dans le développement des ressources numériques les bibliothèques ont tout intérêt à avoir une approche pragmatique plutôt que de vouloir à priori imposer leur modèle d’acquisitions. Je me souviens très bien des réticences et des critiques reçues dans ce domaine lors du lancement et de la période de conviction des bibliothécaires. Je force le trait de ce que j’ai entendu ou de ce qu’on m’a écrit « le paiement à chaque écoute est de la folie, si le service marche vous allez exploser le budget. C’est un saut dans le vide… ». Le jour où la fréquentation d’une ressource numérique en bibliothèque fera exploser la fréquentation et donc ici le budget nous pourrons crier victoire… L’attribution de la subvention par le Ministère de la Culture a rassuré l’ensemble des partenaires en région et nous a permis de continuer l’expérience à une bonne échelle. De fait, l’intérêt et la fréquentation sont en rendez-vous avec une montée en puissance progressive. Cela a donné du temps pour nous et pour notre fournisseur d’affiner le modèle économique.

 

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