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Reçu avant avant-hier L'épaule d'Orion

7 livres de science-fiction qui vous feront réfléchir

12 mars 2023 à 13:23

La semaine passée, lors d’un weekend chez des amis, j’ai rencontré un professeur de philosophie avec lequel nous avons longuement discuté et échangé nos points de vue sur le roman Dune de Frank Herbert. De par sa renommée mais aussi sa complexité, ce roman est certainement l’un des plus discutés et commentés. En d’autres termes, il fait réfléchir ses lecteurs.  Il y a quelques jours, le site anglophone The Fantasy Review publiait un court article intitulé 7 hard Science Fiction Books that will make you smarter (« 7 livres de hard science-fiction qui vous rendront plus intelligent »). La liste de romans que son auteur propose n’est pas dénuée d’intérêt et si je devais établir une liste sur le même thème, je produirais à peu de choses près la même. Comme son titre l’annonce, elle se consacre uniquement à des romans classés en hard-SF. C’est une évidence, il n’est pas nécessaire qu’un texte s’inscrive dans ce sous-genre souvent réputé pour son exigence pour provoquer les neurones de ses lecteurs – ni même qu’il appartienne à la science-fiction par ailleurs mais c’est là une autre évidence.

Je considère que la science-fiction est une littérature d’idées, un exercice de pensée. Ainsi, tout livre de science-fiction est censé amener ses lecteurs à réfléchir – ce qui est une affirmation forte sans cesse démentie par de nombreux exemples, je le concède. Les auteurs ont le choix des approches narratives. Le dialogue avec le lecteur peut passer par l’émotion, le rire, le simple divertissement, le sense of wonder, ou plus directement par le discours et l’argumentation des idées et des concepts. Cette dernière approche paraitra la plus intellectuelle. Elle sait produire des chefs d’œuvre qui souvent polarisent le lectorat, certains criant au génie d‘autres à l’ennui, selon les attentes de chacun en matière de lecture et de science-fiction.

Lors de ma discussion avec le professeur de philosophe, je n’ai pu m’empêcher de lui recommander quelques romans, et par la même occasion de réfléchir à ceux qui, récemment, m’avaient apporté matière à réflexion, voire avaient changé ma manière de voir les choses. Je vous propose donc une sélection de romans du XXIe siècle uniquement, très intellectuels – ou chiants et sans émotion selon vos critères personnels – qui moi m’ont sérieusement secoué le cerveau. À réserver aux amateurs d’aspirine. Voici donc 7 livres de science-fiction qui vous feront réfléchir.

(Note : le classement des œuvres présentées ci-dessous se fait suivant l’ordre alphabétique des noms des auteurs.)

La Tour de Babylone et Expiration de Ted Chiang

Ted Chiang est l’un des novellistes les plus brillants de notre époque, mais aussi l’un des moins productifs. L’ensemble de son œuvre, soit 17 nouvelles, se trouve réunie à ce jour dans deux recueils publiés chez  Denoël dans la collection Lunes d’encre : La Tour de Babylone (2006) et Expiration (2020). Ces textes explorent des thématiques très diverses allant de la vie artificielle à la rencontre avec des extraterrestres, de l’écologie ou de la nature même de l’existence et de la conscience. Il s’agit de hard-SF de haute volée, écrite avec une plume très fine et souvent poétique.

(Voire mes chroniques détaillées sur La Tour de Babylone et Expiration)


Gnomon de Nick Harkaway

Gnomon est ce que j’appellerais un livre complet, un roman magistral, et l’un des meilleurs textes de science-fiction qu’il m’a été donné de lire. Un peu sommairement présenté comme une mise à jour de 1984 de George Orwell par la presse anglaise lors de sa sortie, Gnomon est bien plus que ça. C’est un labyrinthe intellectuel foisonnant et finement construit à travers quatre époques, qui amène le lecteur à s’interroger sur l’évolution de notre société dans un futur proche et sur la fragilité de la démocratie face aux questions de surveillance et de transparence. Toujours, le diable se cache dans les détails et croire bien faire n’est jamais faire bien.

(Voir mes chroniques détaillées du tome 1 et du tome 2)


Diaspora de Greg Egan

Autre chef d’œuvre de la hard SF, et roman aussi adulé car hors norme que décrié pour sa complexité et son style aride, Diaspora transporte son lecteur dans un futur lointain, très lointain, et une exploration de la galaxie et au-delà, où la vie est essentiellement post-humaine. Il s’agit là d’un tour de force science-fictif du maître de la hard-SF Greg Egan qui y explore la Vie, tout simplement. Si vous pensiez que l’imagination avait des limites, il est possible que Greg Egan vous fasse revoir votre jugement avec ce roman essentiel. Mais il faudra apprécier les plongées extrêmes dans l’univers des sciences.

(Voir ma chronique détaillée de Diaspora.)


Terra Ignota d’Ada Palmer

Plus qu’un roman, il s’agit là d’un cycle de 4 livres en anglais et 5 pour sa version française publiée chez Le Bélial’ : Trop semblable à l’éclair (2019), Sept redditions (2020), La Volonté de se battre (2021), L’Alphabet des créateurs (2021) et Peut-être les étoiles (2021). Ada Palmer y raconte la chute d’une utopie qui sombre dans la guerre mondiale. Complexe, le cycle l’est par des choix narratifs déstabilisants, comme celui d’avoir un narrateur non fiable, des personnages qui ne sont jamais ce qu’on croit, des références constantes à la philosophie du siècle des lumières et à l’Odyssée d’Homère. Il l’est aussi par la pluralité et la profondeur des questions qu’il aborde. L’autrice imagine la société humaine au vingt-cinquième siècle, une société d’abondance dans laquelle le lieu de naissance ne détermine plus la citoyenneté mais où chacun choisit son appartenance à une nation politique, une Ruche, au-delà des considérations géographiques, reléguant la notion de frontière à l’histoire. La question centrale qui s’y pose est de savoir s’il est possible de concevoir une utopie et de la laisser perdurer lorsqu’on réalise ses faiblesses. Au-delà de ces questionnements, le cycle montre ce que permet la science-fiction. C’est une masterclass et l’un des plus grands cycles de SF de notre époque.

(Voir mes chroniques détaillées des tome 1, tome 2, tome 3 et tome 4.)


The Ministry for the Future de Kim Stanley Robinson

The Ministry for the Future n’est pas encore paru en français, mais cela ne saurait tarder. Il s’agit d’un roman sur notre avenir climatique à relativement court terme, à 50 ans, qui propose une réflexion détaillée et à mon avis indispensable sur la possibilité d’offrir un futur viable à l’humanité. Lorsque j’ai lu ce roman, ma première envie fut de l’envoyer à tous nos députés pour qu’ils prennent conscience, avant de réaliser qu’ils n’étaient sans doute pas les personnes les mieux équipées pour le comprendre. C’est par contre un roman essentiel que tout citoyen du monde préoccupé par l’état de notre planète et son avenir proche devrait lire. Comme le dit Kim Stanley Robinson dans son livre : « le futur doit réussir ».

(Voir ma chronique détaillée du roman)


[anatèm] de Neal Stephenson

Neal Stephenson a produit des bons livres, des mauvais livres et un chef d’œuvre. Ce dernier est Anathem publié en français en deux volumes chez Albin Michel Imaginaire sous le titre [anatèm] (2018). Là encore, mais vous l’aurez compris c’est la thématique de ce billet, il s’agit d’une lecture exigeante mais Ô combien gratifiante. [anatèm] embarque le lecteur dans un futur lointain, sur une autre planète, pour suivre les aventures d’un moine et discuter de l’opposition entre le réalisme platonicien, le conceptualisme d’Abélard et la scolastique médiévale, pour finalement proposer une vision du monde au sein d’un multivers. La difficulté vient du vocabulaire inventé qu’il faudra saisir et des considérations philosophiques qui font le sel du roman. Là aussi, c’est un roman brillant qui secoue les méninges.

(Voir mes chroniques des tome 1 et tome 2)


Vision aveugle et Echopraxia de Peter Watts

À l’inverse, Peter Watts n’écrit que des bons livres. Et au sein de cette production exceptionnelle, il existe un diptyque qui se situe au-dessus du reste. Il s’agit des romans Vision aveugle (2009) publié chez Fleuve noir puis réédité chez Le Bélial’ (2021) et Echopraxie (2015) publié chez Fleuve mais qui sera prochainement réédité chez Le Bélial’. À la fois récit de premier contact dans un avenir à moyen terme et réflexion poussée sur la conscience, le cycle Bindopraxia est unique et effrayant. Unique car on n’a pas fait mieux en ce qui concerne l’exploration des notions de conscience et d’intelligence, et effrayant car pour ce faire Peter Watts choisit un point de vue intérieur à travers une galerie de personnages dont les traits psychologiques sont radicalement différents, voire s’opposent. Notre accès à la réalité (s’il en existe une) ne se fait qu’à travers leurs perceptions du monde, forcément fausses. Et c’est en grande partie là-dessus que repose la démonstration. Ces romans sont aussi puissants qu’ils sont sombres et leur lecture laisse des traces indélébiles.

(voir ma chronique détaillée du cycle Blindopraxia)


Et vous alors ? Quels sont les livres de SF qui ont fait vibrer vos neurones récemment ?

Bilan 2022 – Une sélection de romans de science-fiction

28 novembre 2022 à 14:03

Rendez-vous traditionnel de chaque fin d’année, L’épaule d’Orion vous propose une sélection de livres de science-fiction publiés dans l’année. Comme toujours, cette liste n’a pas pour prétention de sanctionner « le meilleur de la SF », mais de suggérer des lectures parmi les romans que j’ai lus et qui m’ont enthousiasmé. Il s’agit d’un choix personnel, par nature incomplet et subjectif, et je n’ai pas lu tous les livres.

Il y a eu cette année encore de très belles parutions, dans toutes les catégories. Malgré une surproduction chronique, de nouvelles collections sont apparues et proposent des choses vraiment intéressantes. Il faudra garder un œil dessus dans les mois et années à venir. À nouveau cette année, on observe la présence de plus en plus importante de romans d’imaginaire, et pas des moindres, dans des collections de littérature générale. On pourra discuter de la pertinence éditoriale de ce phénomène, y voir une bonne chose pour les littératures de l’imaginaire, ou une mauvaise nouvelle pour les éditeurs spécialisés qui se trouvent en quelque sorte dépossédés des fruits de leurs efforts. Je vous en laisse juge.

Trêve de bavardage, voici ma sélection pour l’année 2022.


Romans

  • Les Flibustiers de la mer chimique de Marguerite Imbert

Le premier roman à apparaître dans ma sélection est celui qui m’a le plus surpris. Un roman qu’on n’attendait pas, qui a surgi de nulle part, et a fait une entrée remarquée et remarquable dans le monde de l’imaginaire. Il s’agit de Les Flibustiers de la mer chimique de Marguerite Imbert, publiée chez Albin Michel Imaginaire. Tragi-comédie post-apocalyptique autant que satire moraliste, c’est un roman débridé, original, effervescent et totalement barré. Marguerite Imbert fait ici preuve d’une grande maturité en assumant totalement son projet de la première à la dernière ligne et en ne cédant rien. Voir la chronique détaillée.

Les Flibustiers de la mer chimique – Marguerite Imbert – Albin Michel Imaginaire – 28 septembre 2022 – 464 pages.

  • L’Aube d’Octavia E. Butler

Premier volume de la trilogie Xenogenesis qui, bizarrement, n’avait jamais été traduit en français, L’Aube d’Octavia E. Butler s’impose comme un chef d’œuvre dans la thématique du premier contact avec une intelligence extra-terrestre. On doit à Marion Mazauric et à la maison d’édition Le Diable Vauvert de rendre disponible l’œuvre de cette très grande autrice américaine. Voir la chronique détaillée.

L’Aube – Octavia E. Butler – Le Diable Vauvert – 27 octobre 2022 – Traduction Lise Capitan – 432 pages.

  • Analog/Virtuel de Lavanya Lakshminarayan

Autre roman qui fut pour moi une très heureuse surprise, Analog/Virtuel de Lavanya Lakshminarayan. Il s’agit d’un premier roman qui a été publié dans la toute jeune collection Le Rayon Imaginaire dirigée par Brigitte Leblanc. Décrivant l’effondrement d’une société dystopique à la faveur d’une révolution populaire, l’autrice fait le choix très pertinent d’une narration fragmentaire, composant un récit mosaïque, dans lequel il n’y a pas de héros unique, mais une foultitude qui prend part aux événements, portant collectivement leur histoire. C’est un excellent roman. Voir la chronique détaillée.

Analog/virtuel – Lavanya Lakshminarayan – Hachette Heroes, coll. Le Rayon imaginaire – 1 juin 2022 – traduction Lise Capitan – 384 pages.

  • Ymir de Rich Larson

À la suite de l’excellent recueil de nouvelles La Fabrique des lendemains publié chez Le Bélial’, on attendait avec impatience la publication du roman Ymir de Rich Larson. L’auteur y confirme son immense talent et sa maitrise des codes du cyberpunk dans ce roman qui déconstruit allégrement la figure du héros tragique. Le roman rejoint sans peine cette sélection des lectures essentielles de 2022. Voir la chronique détaillée.

Ymir – Rich Larson – Le Bélial’ – 29 septembre 2022 – Traduction de Pierre-Paul Durastanti – 384 pages.

Léopard noir, loup rouge de Marlon James

Voilà un roman dont se demande vraiment ce qu’il fait dans une collection généraliste tant il est radical dans le genre de la fantasy. Le trait de génie de Marlon James est de déconstruire le récit pour réinventer le monde et son langage et, au passage, une nouvelle littérature. La lecture de Léopard noir, loup rouge est éprouvante et hypnotique. Léopard noir, loup rouge est un livre total, entier, qui invente ses propres raisons et sa propre existence. Voir la chronique détaillée.

Léopard noir, loup rouge – Marlon James – Albin Michel – 28 septembre 2022 – 704 pages.


Romans courts

Sans grande surprise, cette catégorie ressemble à une célébration de la collection Une Heure Lumière chez Le Bélial’, car qui d’autre publie régulièrement des novellas de cette qualité en France ?

  • Le Serpent et Le Voleur de Claire North

Il s’agit d’une trilogie, dite de La Maison des jeux, dont le dernier volume sera publié début 2023, mais Le Serpent et Le Voleur de Claire North sont deux incontournables de l’année 2022 à mon avis. En deux textes, l’autrice construit et dévoile progressivement un univers toujours plus complexe que ce que l’on pouvait imaginer de prime abord. Entre jeux de domination et alliances cachées à l’échelle de l’histoire mondiale, tout se joue et tout se perd dans la maison des jeux. On attend avec grande impatience la sortie de l’ultime volet. Voir les chroniques détaillées pour Le Serpent et Le Voleur.

Le serpent – Claire North – Le Bélial’, coll. Une Heure Lumière – 24 mars 2022 – traduction Michel Pagel – 160 pages.

Le Voleur – Claire North – Le Bélial’, coll. Une Heure Lumière – 22 septembre 2022 – traduction Michel Pagel – 160 pages.

  • La Millième nuit d’Alastair Reynolds

La Millième nuit, et le roman qui lui fait suite House of Suns, est à mon avis ce qui se fait de mieux en termes de space opera sous la plume d’Alastair Reynolds. Un scénario relativement simple mais qui s’inscrit au sein d’un univers – qu’il donne à découvrir – d’une amplitude tout à fait hors-norme. Du vrai sense of wonder. Voir la chronique détaillée.

La Millième nuit – Alastair Reynolds – Le Bélial’, coll. Une Heure Lumière – 25 août 2022 – traduction Laurent Queyssi – 144 pages.


Recueils de nouvelles

  • Le temps des retrouvailles de Robert Sheckley

Pas d’inédits dans ce recueil présenté par les éditions Argyll mais un regroupement de textes publiés entre 1952 et 1960 puis par la suite en français dans la revue Galaxie à partir des années 50. N’ayant jamais lu l’auteur, ce fut pour moi une excellente découverte. Des textes emplis d’humour et d’humanité. Voir la chronique détaillée.

Le Temps des retrouvailles – Robert Sheckey – Argyll – 3 février 2022 – traductions révisées par Lionel Evrard


Les rééditions indispensables

  • Créateur d’étoiles d’Olaf Stapledon

Paru en 1937, Créateur d’étoiles du philosophe anglais Olaf Stapledon est un roman fondateur qui contient plus d’idées de science-fiction par page que n’importe quel autre roman du genre. C’est une lecture hautement recommandée pour les amateurs du genre. Voir la chronique détaillée.

Créateur d’étoiles – Olaf Stapledon – Les moutons électriques – 17 juin 2022 – traduction de Leo Dhayer – 320 pages.

  • Axiomatique de Greg Egan

L’intégrale raisonnée des nouvelles de Greg Egan chez Le Bélial’ est actuellement composée de trois volumes et contient les plus grands textes de l’auteur. Le premier vient d’être réédité sous une toute nouvelle présentation. Indispensable ! Voir la chronique détaillée.

Axiomatique – Greg Egan – Le Bélial’, coll. Quarante-Deux – 10 mars 2022 – Traductions de Quarante-Deux, Francis Lustman, Sylvie Denis et Francis Valéry – 464 pages.

  • Hypérion de Dan Simons

Le chef-d’œuvre de Dan Simmons. Que dire de plus ? Il est réédité dans la collection Ailleurs et Demain dans un édition collector reliée, avec une préface de Bernard Minier et une postface de Fabrice Chemla. Du très lourd.

Hypérion, édition collector – Dan Simmons – Robert Laffont, coll. Ailleurs et Demain – 22 septembre 2022 – traduction de Guy Abadia – 528 pages.


Romans en VO

  • Eversion d’Alastair Reynolds

Alastair Reynolds encore ! L’auteur britannique est de retour cette année avec un roman très surprenant, loin de ses thématiques habituelles. Récit de science-fiction qui flirte avec l’horreur, Eversion est un véritable page-turner qu’il est difficile de lâcher. Bonne nouvelle, il sera prochainement publié en français par les éditions du Bélial’. Voir la chronique détaillée.

Eversion – Alastair Reynolds – Golancz – 26 mai 2022 – 320 pages.

  • The Moutain in the Sea de Ray Nayler

Si vous suivez ce blog, vous savez l’admiration que j’ai pour l’auteur américain Ray Nayler dont j’ai chroniqué nombre de nouvelles depuis quelques années. Ray Nayler vient de publier son premier roman, The Moutain in the Sea, qui rencontre un succès remarquable aux Etats-Unis, recevant des critiques dithyrambiques de la presse généraliste et spécialisée. Nous en reparlerons bientôt.

The Moutain in the Sea – Ray Nayler – MCD – 4 octobre 2022 – 420 pages.


Les bilans des années précédentes : 2018 – 2019 – 20202021

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10 autrices incontournables de la science-fiction

11 juillet 2022 à 16:44

Certains d’entre vous peut-être s’en souviennent, il y a deux ans, au mois de Juillet 2020, la blogueuse Nevertwhere lançait à travers la blogosphère un appel, que dis-je, un cri. Faisant le constat que sous l’appellation d’incontournables des littératures de l’imaginaire les médias généralistes proposaient toujours et encore les mêmes titres, le plus souvent des vieilleries totalement déconnectées de la réalité de la production actuelle pourtant riche, Nevertwhere invitait les blogueurs à dresser une liste d’incontournables écrits au XXIe siècle. Cet appel rencontra un vif succès et chacun proposa ses choix. Comme tant d’autres je me suis prêté à l’exercice et l’article né de cette initiative reste à ce jour l’un des plus consultés de ce blog. Cette année, Nevertwhere récidive et nous propose de dresser une liste des autrices de SFFF les plus influentes. Principe : 10 ouvrages ou 10 autrices. Ne doutons pas qu’à nouveau les propositions soient des plus variées.

En ce qui me concerne, ce ne fut pas simple, car il y avait beaucoup de noms d’autrice et de textes à mettre dans une telle liste. Mais il faut faire des choix. Plutôt que tenter de dresser une liste des autrices marquantes, ou influentes, ou incontournables, j’ai choisi de construire une liste basée uniquement sur le plaisir de la lecture, tout en proposant des textes anciens et plus récents. Sans plus de justification que les liens vers les chroniques – car ce qui importe encore une fois c’est le texte et rien que le texte – voici mon choix selon le format une autrice et une œuvre, suivant l’ordre chronologique de publication des textes.

  • Ursula K. Le Guin. Les Dépossédés.

Ursula K. Le Guin est la grande dame de la science-fiction américaine, que ce soit pour ses romans ou ses nouvelles, ou pour son approche de l’écriture. Son influence est incommensurable et sa place dans cette liste était une évidence. Choisir une de ses textes plutôt qu’un autre relève de la gageure. Mais pour moi, ce sera Les Dépossédés, un roman fondamental et politique. Il a été réédité en version collector en 2022 chez Robert Laffont dans la collection Ailleurs et Demain.

Autre grande dame de la science-fiction américaine, Octavia E. Butler a produit une œuvre marquante par la finesse de son écriture et la profondeur de sa pensée. Liens de sang est un livre qui m’a énormément marqué. Il a été réédité dans une traduction révisée en 2021 au Diable Vauvert.

En SF francophone et féministe, le nom d’Elizabeth Vonarburg est incontournable. Son chef d’œuvre est Chroniques du pays des mères. Il a été réédité en 2019 chez Mnemos.

Si vous passez régulièrement sur les pages de ce blog, vous savez mon amour pour la hard-SF. Dans ce domaine, une autrice brille particulièrement, il s’agit de Nancy Kress. Elle a notamment écrit un texte stupéfiant, Shiva dans l’ombre, que l’on trouve en français dans le recueil Danses aériennes publiées en 2017 chez Le Bélial’.

La plus grande plume de la science-fiction française est Catherine Dufour. Et ceci ne souffre aucun débat. Son chef d’oeuvre cyberpunk Le Goût de l’immortalité a été publié en 2005 chez Mnémos, puis repris au Livre de Poche en 2007.

Nouvelle arrivante dans le domaine de la science-fiction, Ada Palmer a foudroyé le monde avec la série Terra Ignota qui s’ouvre avec le roman Too like the Lightning. La traduction française a été publiée à partir de 2019 chez Le Bélial’. Ada rules !

L’univers de Caitlin R. Kiernan est sombre, dérangé, et dérangeant. L’autrice trempe sa plume dans le plus noir des poisons. Ses explorations des thèmes lovecraftien ne laissent personne totalement sain d’esprit après lecture. La traduction de la novella Agents of Dreamland a été publiée en 2020 dans la collection Une Heure-Lumière chez Le Bélial’.

Nouvelle plume en fantasy et fantastique, l’autrice britannique Priya Sharma a déjà reçu plusieurs fois le prix Shirley-Jackson pour ses novella. Ormeshadow a été publié en français en 2021 dans la collection Une Heure-Lumière chez Le Bélial’.

Une découverte récente pour moi, l’autrice britannique Claire North possède un talent d’écriture qui impressionne dès les premières lignes. Le premier volume de sa trilogie La Maison des Jeux vient d’être publié en français dans la collection Une Heure-Lumière chez Le Bélial’.

Audrey Pleynet est certainement l’une des plus prometteuses nouvelles plumes françaises en science-fiction. Publiée dans différentes anthologies et récemment dans la revue Bifrost, sa nouvelle Quelques Gouttes de thé parue dans l’anthologie Revenir de l’avenir en 2020 a remporté le prestigieux prix Rosny Aîné.

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Cinq livres de science-fiction ou de fantasy à lire à la plage cet été

21 juin 2022 à 16:37

Nous sommes enfin en été ! Alors qu’on se remet à peine des canicules précoces ou des violents orages qui leur font suite, il est temps de penser aux vacances et avec elles à l’incontournable question : que lire cette année sur la plage ou à l’ombre des pins, au bord de la piscine en sirotant un mojito ou dans la cave en regardant pousser son blob ? Comme tous les ans, je vous propose une liste de cinq (six en fait) ouvrages de science-fiction ou fantasy publiés cette année, qui me semblent parfaitement convenir comme lectures estivales, afin de s’agiter mais pas trop les neurones. Il y en a pour tous les goûts.


Le Serpent de Claire North et Opexx de Laurent Genefort

Pourquoi ne prendre qu’un livre lorsqu’on peut en emporter deux ? Surtout si ce sont des romans courts. Je vous propose pour commencer la lecture de deux novellas, d’un peu plus de cent pages chacune, d’autant qu’en ce mois de juin court l’opération promotionnelle Une Heure Lumière qui vous permettra pour l’achat de ces deux titres de vous voir offrir le hors-série Des Bêtes fabuleuses de Priya Sharma.

Le Serpent de Claire North : nous sommes à Venise en 1610 et Thene est invitée à rejoindre la Haute Loge de la Maison des jeux, là où les échiquiers sont politiques et où tombent les empires. Cette novella a toutes les qualités d’un grand roman de fantasy. Il s’agit d’une lecture délicieuse pour l’été. Voir la chronique complète.

Le Bélial’, coll. Une Heure-Lumière, trad. Michel Pagel, 160 pages, 10,90€

Opexx de Laurent Genefort. Changement radical de décor avec cette novella qui nous propulse vers des mondes étrangers à travers la galaxie pour suivre un soldat un peu spécial pour des opérations extérieures. La grande réussite du texte de Genefort est qu’il n’est pas du tout ce qu’il semble être de premier abord et propose une jolie réflexion sur l’altérité. Voir la chronique complète.

Le Bélial’, coll. Une heure Lumière, 120 pages, 8,90€


Widjigo – Estelle Faye

Quoi de plus indiqué lors des grandes chaleurs que de s’offrir une petite promenade rafraîchissante. Mais attention au Widjigo. Estelle Faye nous promène dans un récit historique qui sombre rapidement dans l’horreur glaciaire. Parfait pour les longues soirées estivales. Voir la chronique complète.

Albin Michel Imaginaire, 256 pages, 18,90€


Mary Toft ou la reine des lapins – Dexter Palmer

Un autre roman historique qui dérape rapidement vers le bizarre. Mary Toft ou la reine des lapins est un superbe roman, à l’intelligence remarquable, qui, sous le couvert du récit d’un étrange fait divers, propose une réflexion fine sur notre époque et ses travers cognitifs. Voir la chronique complète.

Table ronde, trad. Anne-Sylvie Homassel, 448 pages, 24€


La Nuit du Faune – Romain Lucazeau

Dans ce conte philosophique, c’est une balade à travers l’univers à la rencontre de multiples formes de vies à laquelle nous convie Romain Lucazeau. C’est un roman brillant, qui fait réfléchir. Histoire de ne pas revenir bête de ses vacances. Voir la chronique complète.

Albin Michel Imaginaire, 256 pages, 17,90€


Projet Dernière chance – Andy Weir

Terminons par le plus fun, le dernier roman d’Andy Weir (l’auteur de seul sur Mars) qui revient avec un récit spatial drôle, malin, et fun de bout en bout. C’est l’option mojito de cette liste : Voir la chronique complète.

Bragelonne, trad. Nenad Savic, 480 pages, 22€.


En bonus : je signale aussi la sortie cette année en format poche d’Anatèm de Neal Stephenson. Il s’agit de l’un des romans de science-fiction les plus ambitieux de ces 20 dernières années. Voir la chronique complète.

Le livre de Poche, trad. Jacques Collin, tome 1, 800 pages, 9,40€; Le livre de poche, trad. Jacques Collin, tome 2, 672 pages, 8,90€

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